Jean-Charles Gaudechon, le nouveau PDG de Remedy Entertainment, répond aux inquiétudes des fans. Son passé chez EA suscite des questions, mais il affirme vouloir protéger l’identité unique du studio.
Un nouveau capitaine pour Remedy
En octobre 2025, Tero Virtala quitte son poste de directeur général de Remedy Entertainment après neuf ans, suite aux résultats financiers de FBC Firebreak. Jean-Charles Gaudechon, ancien cadre chez EA, prend la direction du studio en février de cette année. Son parcours a généré des craintes parmi les joueurs, mais dans une interview, il explique avoir été choisi précisément pour préserver l’esprit de Remedy.
Gaudechon reconnaît les préjugés liés à ses cinq années chez EA. Il a aussi travaillé quatre ans au studio Fenris Creations (anciennement CCP Games), connu pour EVE Online. Mais c’est son lien avec EA qui alimente les discussions.
« Il y a beaucoup de débats autour de EA », dit Gaudechon. « Que signifie avoir un dirigeant issu de cette entreprise ? Je comprends la peur : ‘Va-t-il imposer des méthodes d’une grande structure et écraser l’âme d’un studio comme Remedy ?’ Je pense que ma sélection repose sur une chose : je sais exactement ce qu’est Remedy, ce qui doit être protégé, soutenu et développé. Remedy est unique. C’est un studio avec une force créative exceptionnelle. »
In today’s edition of The Game Business, we have a world’s first interview with new Remedy CEO Jean-Charles Gaudechon. We discuss his controversial appointment, and his mission to make Alan Wake and Control more successfulhttps://t.co/oc0xuRAcif pic.twitter.com/FveEhcq9XC
— The Game Business (@thegamebusiness) May 26, 2026
« Ce studio a aussi connu des périodes de désordre, et c’est ce qui rend beau les jeux créés et leur processus. Mon rôle est d’apporter une vision sur l’avenir de l’entreprise et les améliorations possibles. Qui suis-je pour changer l’ADN d’un studio de jeu réussi depuis 30 ans ? »
Gaudechon ajoute qu’il a « adoré » la réaction des fans à sa nomination, car leur prudence et leurs inquiétudes montrent leur passion pour le studio. Le souhait de nombreux joueurs de « protéger » Remedy lui a confirmé que le studio était « un des rares véritablement soutenu par les joueurs ». Des collègues et amis du secteur lui ont même dit, lors de leurs messages de congratulation : « Ne gâche pas tout. »
« Remedy est déjà un des grands auteurs de jeu, avec des produits très marqués », poursuit Gaudechon. « Après avoir vu les choses de l’intérieur, il y a tellement plus que nous pouvons offrir en termes d’histoires et de gameplay créatifs, forts et audacieux. Franchement, nous n’avons réalisé que la moitié du potentiel des produits que nous fabriquons. »
Cela semble positif, mais Gaudechon n’est en poste que depuis quelques mois. Les inquiétudes ne disparaîtront probablement qu’avec des actions concrètes. Un point encourageant pour les fans qui craignent une approche semblable à EA : Gaudechon exclut un virage vers le jeu gratuit sur mobile.
« Remedy sera encore plus définie par ce que nous ne faisons pas, plutôt que par ce que nous continuons à faire », déclare Gaudechon. « Ce que nous ne devrions pas faire est un jeu mobile gratuit. Cela n’a pas de sens pour Remedy aujourd’hui, et peut-être jamais. Il s’agit surtout de construire sur nos propriétés intellectuelles centrales. Si Sam Lake me dit : ‘J’ai une super idée autour d’Alan Wake, on pourrait le faire sur mobile.’ Alors OK, nous en discuterons. Car cela s’appuie sur une de nos propriétés et forces principales, et nous ne cherchons pas juste à suivre un segment du marché. »
« Ça n’a pas de sens. On ne cherche pas à faire du business et ensuite transformer cela en jeu. Cela n’a jamais fonctionné. »
Gaudechon aborde aussi le sujet de l’IA générative dans le développement de jeu. Il affirme clairement que sa « position est que l’IA ne va pas rendre les choses moins cher, et ne le fera pas pour un bon moment », avant d’ajouter : « Bonne chance pour essayer de faire Alan Wake 2 avec l’IA. Utilisez Genie pour ça, et on verra où vous arriverez. »
Il précise qu’il n’empêchera pas les expérimentations avec cette technologie, mais son attitude est au minimum prudente sur ce que l’IA générative peut offrir à Remedy. Toute expérience avec cette technologie ne devrait pas « approcher la création ni être visible pour les utilisateurs ».
Pour ceux qui s’interrogeaient sur le futur de Remedy, ces déclarations sont encourageantes, mais elles restent des mots pour l’instant. Le vrai test viendra avec l’arrivée de Control Resonant, et la réaction de Gaudechon si ce jeu suit la tendance habituelle de Remedy : des ventes solides sur une longue période, mais sans un lancement massif. Il a aussi mentionné dans l’entretien que les franchises Control et Alan Wake devraient vendre davantage.
Sa réponse au succès, ou non, de Control Resonant dès son lancement sera un indicateur clair de sa vision pour Remedy. Espérons qu’elle correspondra aux attentes des fans.



