La lutte contre la triche dans Valorant franchit un nouveau cap. La dernière mise à jour de l’anti-triche Vanguard de Riot Games cible désormais les configurations matérielles sophistiquées, rendant inutilisables des équipements de triche très coûteux. Le studio a même ironisé sur le réseau X, saluant les propriétaires d’un « magnifique presse-papiers de 6 000 € ».
Qu’est-ce que la triche DMA ?
DMA signifie Accès Direct à la Mémoire. Cette fonction matérielle normale permet à des périphériques d’accéder à la mémoire système sans passer par le processeur. Dans le cadre de la triche, cette fonction est détournée pour lire la mémoire du jeu depuis l’extérieur du logiciel, rendant la détection plus difficile.
Un périphérique DMA peut être connecté à un PC via un port PCIe, permettant aux tricheurs d’exécuter des outils comme un radar ou des visions à travers les murs depuis une machine séparée. Ces configurations, souvent très onéreuses, utilisent un matériel programmé pour ressembler à des composants PC classiques.

Qu’a changé Riot ?
La dernière mise à jour de Vanguard vise une faille exploitée par des configurations de triche haut de gamme reposant sur du matériel externe. Ces dispositifs se font passer pour des composants de confiance, comme des disques de stockage, pour accéder aux données du jeu.
Pour contrer cela, Riot semble imposer une utilisation plus stricte de l’IOMMU (Unité de Gestion de la Mémoire Entrée/Sortie). Ce système de protection matérielle contrôle ce que les périphériques connectés sont autorisés à lire. En verrouillant ces autorisations, Vanguard empêche les matériels externes suspects d’accéder aux données en direct du jeu, privant ainsi les tricheurs DMA de leur avantage.
Riot a-t-il « briqué » de vrais SSD ?
Selon Riot, Vanguard n’endommage pas le matériel, ne désactive pas les périphériques et ne « brique » pas les PC ou leurs composants. Le studio affirme que les dispositifs affectés sont des outils de triche DMA vendus spécifiquement pour Valorant, et non des SSD ou des pièces classiques. Certains utilisateurs touchés ont cependant rapporté avoir dû réinstaller Windows après que leur système soit devenu instable.
Riot explique que cette instabilité survient lorsque les protections IOMMU sont activées et qu’une configuration de triche tente de continuer à accéder à la mémoire protégée. Dans ce cas, le système peut générer des erreurs matérielles. Il s’agit d’un comportement normal de l’IOMMU face à un périphérique essayant de lire une mémoire à laquelle il n’a plus le droit d’accéder.
Game: Valorant
AC: Vanguard (VGK)
Today’s Vanguard anti-cheat update blocked the majority of DMA firmwares using SATA/NVMe.VGK suddenly triggered an IOMMU restart warning in-game, after which the DMA firmware becomes completely unusable, even without the game running or after… pic.twitter.com/Sk8bK3INKs
— ogisada (@ogisadaDMA) May 19, 2026
Pourquoi cela a-t-il relancé le débat sur la confiance ?
Les réactions de la communauté sont mitigées. De nombreux joueurs sur X et Reddit ont moqué les tricheurs affectés, estimant que quiconque dépense des milliers d’euros dans du matériel DMA méritait de le perdre.
D’autres se montrent plus inquiets quant aux implications pour les joueurs légitimes. Certains s’interrogent sur la légitimité d’un anti-triche de niveau noyau à bloquer du matériel à ce point. La question d’un « faux positif » bloquant un disque NVMe ou SATA légitime et forçant une réinstallation de Windows est soulevée. Riot a nié que Vanguard puisse désactiver des périphériques normaux, mais ces affirmations ne convainquent pas tout le monde.
Stopper les tricheurs est essentiel pour un jeu compétitif comme Valorant. Cependant, les anti-triches de niveau noyau, parce qu’ils s’installent profondément dans le système du joueur, soulèvent des questions éthiques. Lorsqu’un anti-triche peut restreindre le comportement du matériel, même pour une bonne raison, cela crée un problème de confiance entre l’éditeur et le joueur.



