La rumeur d’un abandon des disques physiques pour la PS5 d’ici 2028 place PlayStation à l’avant-garde d’un avenir résolument numérique. Un futur qui, malgré ses avantages en matière de simplicité, soulève d’importantes questions sur la pérennité de notre accès aux jeux et sur la notion même de propriété.
Pourquoi les disques ont encore de l’importance
Les disques sont encombrants, sensibles aux rayures et parfois sujets à une surenchère marketing. Mais leur vraie valeur réside dans leur existence en dehors des magasins numériques. Une copie physique sur une étagère peut être prêtée, revendue, et tout simplement conservée quand la page d’un store en ligne disparaît.

Un avenir PlayStation entièrement numérique réduit considérablement ce filet de sécurité. Si le matériel devient plus épuré et les achats plus faciles, les éditeurs de plateformes renforcent leur contrôle sur ce qui reste disponible après la période de lancement. La commodité est agréable, jusqu’à ce qu’elle ressemble à une simple autorisation d’accès, surtout lorsque celle-ci peut être révoquée ou modifiée sans préavis.
L’impasse légale pour la préservation
Frank Cifaldi, directeur de la Video Game History Foundation, a pointé du doigt un manque crucial. Si les entreprises suppriment les supports physiques et ferment les boutiques en ligne plus anciennes, les archives ont besoin d’une voie légale pour préserver les jeux exclusivement numériques à des fins de recherche.
En tant que directeur d’une institution de préservation historique du jeu vidéo, et quelqu’un qui a consacré toute sa vie adulte à cette cause, ceci est exact. Nous avons tenté de travailler avec l’organisation professionnelle du secteur pour trouver une voie légale, mais ils refusent de proposer une alternative sérieuse.
— Frank Cifaldi (@frankcifaldi.bsky.social) 2026-07-01T18:45:54.133Z
Cette voie légale n’existe toujours pas. L’industrie peut vanter la préservation en public, mais cela sonne creux quand les groupes professionnels résistent aux changements qui permettraient aux institutions culturelles de contourner les verrous numériques pour un accès historique. Sans cadre juridique adapté, la préservation non officielle apparaît moins comme un acte de défi que comme une mesure de secours essentielle, comblant les lacunes laissées par les politiques et les priorités des entreprises.
Qui assume les conséquences après Sony
Sony n’a pas à résoudre seul tous les problèmes de préservation. Mais il ne peut pas non plus se désengager de l’écosystème physique et prétendre que la charge ne retombera pas sur les archivistes, les musées, les bibliothèques, les collectionneurs et surtout les joueurs.
Si l’arrêt de la production des lecteurs de disques pour la PS5 se confirme, l’année 2028 deviendra bien plus qu’une simple date pour le matériel. Elle se transformera en un test révélateur de la capacité des éditeurs de plateformes à proposer mieux que de simples assurances corporatives. En attendant, l’option de préservation la plus fragile risque de rester la seule qui fonctionne réellement.



