Le directeur technique Romain Toutain a fait ressurgir sur Twitch les ambitions du projet annulé Mass Effect Universe, piloté par BioWare. Le jeu visait une liberté narrative hors norme, avec des choix connectés et un suivi des conséquences. Les révélations issues de son intervention relancent l’intérêt pour cette ancienne vision.
Des ramifications laissées de côté
L’enregistrement n’est pas resté accessible sur la page de Toutain, mais un téléspectateur a partagé sur Bluesky des extraits décisifs. Le directeur technique a confirmé que les graphismes étaient aussi réussis que sur les séquences dévoilées, que l’avatar pourrait être façonné par le joueur et que les bagarres de taverne étaient jouables.
Puis sont venues les annonces marquantes :
Les choix des premiers volets étaient pris en compte. Mass Effect Universe devait son nom à l’ampleur des décisions, qui permettaient de relier des parties et de bâtir des lignes temporelles. On pouvait presque créer une chronologie de zéro, à la manière de Zero Escape: Zero Time Dilemma. Le résultat était saisissant.
Interrogé sur un lien avec Dragon Age Keep, l’outil en ligne de BioWare, il a nuancé :
Un peu, oui. Le système autorisait des choix contradictoires avec des actes passés ou futurs, grâce à des points formant une ligne temporelle. On pouvait mettre le jeu en pause pour vérifier la cohérence d’une route. Si elle n’était pas acceptable, le moteur indiquait quelles conditions la rendraient possible. Quand un contenu n’existait pas, l’équipe devait ouvrir une branche ou créer de nouvelles scènes.
Si un personnage indispensable était éliminé, la quête pouvait se dérouler malgré tout, basculer en échec ou proposer une autre route. La construction reposait sur l’autonomie absolue des joueurs. Beaucoup ont vu le projet comme une réponse à Baldur’s Gate 3 et Cyberpunk 2077.
Le projet avait une force rare. Chacun aurait vécu la même trame, mais avec des variations profondes, parfois radicales. Le partage de parties était aussi envisagé. Sur le plan narratif, l’idée était brillante.
Un spectateur a demandé si EA pourrait céder la propriété intellectuelle. Toutain a répondu que l’éditeur préfère souvent fermer des studios et conserver des licences sans les exploiter. L’espoir d’une exception demeure.
La pétition #SaveMassEffect a dépassé 210 000 signatures, grâce à l’appui d’Owlcat Games, développeur de The Expanse: Osiris Reborn, et aux voix masculine et féminine de Shepard, Mark Meer et Jennifer Hale.



