Chaque année, des jeux ambitieux passent inaperçus, faute d’une licence reconnue. La foire gamescom permet heureusement de dénicher ces pépites. Parmi elles, un Soulslike à l’ambiance singulière a particulièrement retenu mon attention.
Guns of Eschaton, un retour aux sources du genre
Avec sa nouvelle production, Eschatology Entertainment semble avoir capturé l’essence du premier Dark Souls. Guns of Eschaton délaisse le rythme effréné des Soulslikes modernes pour proposer une expérience lente et réfléchie, portée par un cadre visuel très marqué.

Porté par une direction artistique très forte, héritage du visionnaire Viktor Antonov, le jeu propose bien plus qu’un simple habillage. Dès la prise en main, lors d’une session à gamescom 2026, sa différence saute aux yeux. Mon personnage, spécialisé dans la parade, bénéficiait d’une capacité de ralenti temporaire après une contre réussie – un choix qui ne sera pas figé dans la version finale, le joueur ayant toute liberté pour construire son build. J’ai immédiatement été frappé par le sentiment de poids dans les déplacements du Gunslinger, même en courant. Cela m’a permis de m’imprégner de l’atmosphère de la ville de l’Ouest sauvage en ruine que j’explorais, avec ses bâtiments délabrés et son absence apparente de vie.
La rencontre avec le premier ennemi a confirmé cette impression de retour aux sources, malgré la vue à la première personne et le gameplay basé sur les armes à feu. Tirer sans réfléchir est inefficace et mène à l’échec, le revolver devant être rechargé manuellement. Avant chaque coup, il faut aussi armer le chien, rendant les tirs précipités inutiles. Pour infliger des dégâts sérieux, il faut viser des parties spécifiques de l’adversaire, dans un ordre indiqué par un codex que le Gunslinger peut consulter même en plein combat. Le développeur présent m’a précisé que les points faibles sont toujours révélés dès la première rencontre, éliminant toute spéculation.

Maîtriser cette complexité en peu de temps n’a pas été simple, et mes premiers combats se sont soldés par des échecs cuisants. Mais à mesure que je comprenais ces mécaniques, mon appréciation grandissait. La variété d’ennemis, même dans une démo courte, et un level design qui enseigne la patience grâce à des tireurs embusqués, à la manière des bons Soulslikes, laissent présager un jeu qui exigera le meilleur du joueur. Trop de titres cherchent à aider le joueur au point de supprimer la friction nécessaire pour créer un défi captivant. Cette nature intransigeante ne rendra sans doute pas Guns of Eschaton immédiatement populaire, mais elle devrait trouver son public.
La démo s’achevait sur un combat de boss intense contre une créature oculaire volante, utilisant les mêmes principes de tir que pour les ennemis classiques. Cette session m’a laissé profondément satisfait, au point de placer le jeu parmi mes trois favoris du salon, aux côtés de Valor Mortis, juste derrière Final Fantasy VII Revelation et Castlevania: Belmont’s Curse. Nous ignorons encore si le titre sortira bien en 2026 comme annoncé, mais peu importe la date, je serai prêt pour cette expérience qui porte, contre toute attente, l’héritage du premier Dark Souls.



