Dans une décision inattendue, la Chine impose une interdiction générale d’exporter son hélium. Cette mesure vise à sécuriser ses propres approvisionnements pour l’industrie des semi-conducteurs. Bien que la part de marché chinoise reste marginale, cette annonce intervient à un moment de tension pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Un gaz critique pour la fabrication des puces
L’hélium est indispensable à plusieurs étapes cruciales de la fabrication des semi-conducteurs. Il est utilisé pour le dépôt de couches, le refroidissement des plaquettes de silicium et la gravure. Son rôle est également vital pour refroidir les machines de lithographie à ultraviolets extrêmes (EUV), qui marquent la première phase du processus de production.
Une perturbation du marché de l’hélium pourrait donc affecter la production de puces, sur fond de demande déjà très élevée portée par l’essor de l’intelligence artificielle. Alors que les tensions se ravivent au Moyen-Orient, la Chine, qui ne représente qu’une petite fraction de l’offre mondiale, a annoncé geler ses exportations de ce gaz par crainte de pénuries.

Selon les données de l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la Chine se classait au sixième rang mondial pour la production d’hélium en mars 2026, à égalité avec la Pologne. Chaque pays a produit trois millions de mètres cubes du gaz, soit 1,6 % du total. Les États-Unis arrivent en tête avec 81 millions de mètres cubes, suivis du Qatar et de la Russie. Face à la reprise des hostilités au Moyen-Orient, la décision de Pékin de suspendre ses exportations a pour but de soutenir sa production nationale de puces, le pays important lui-même la majeure partie de son hélium.
Les sanctions américaines ont contraint la Chine à s’appuyer davantage sur ses capacités de production nationales de puces, plutôt que d’importer les produits les plus avancés depuis Taïwan. Son secteur des semi-conducteurs étant moins développé que celui de ses concurrents, la nécessité d’approvisionnements stables est encore plus forte pour le pays.
Une perturbation de la chaîne d’approvisionnement en hélium avait aussi été mentionnée par le PDG d’Intel, Lip-Bu Tan, plus tôt cette année. Lors d’un podcast en juin, il a évoqué les différents facteurs influençant l’industrie :
« Je pense qu’il y a plusieurs goulots d’étranglement pour la demande et la croissance de l’IA. Le premier, tout le monde le connaît, c’est la contrainte énergétique. Dans certains pays, l’énergie manque… et ensuite, beaucoup de gens ne réalisent pas que l’impact de l’hélium peut aussi être très significatif pour les semi-conducteurs. »



