Les projets vidéoludiques qui s’éternisent en développement ne datent pas d’hier. Après Duke Nukem Forever, la nouvelle mascotte de ce type d’aventure est devenue Beyond Good & Evil 2 chez Ubisoft. Malgré des années de travail, un récent rapport indique que le jeu piétine toujours en pré-production, la vision du projet s’étant totalement égarée.
Un départ qui n’arrive jamais
Le site Origami dévoile une situation critique. « En vérité, ce n’est pas la ligne d’arrivée qui recule depuis toutes ces années. C’est la ligne de départ. Selon la terminologie employée chez Ubisoft, la production de BGE2 n’a même pas commencé. Elle reste en pré-production, mobilisant au moins 250 personnes sur le seul site de Montpellier », peut-on lire. Le projet tenterait actuellement de franchir une nouvelle étape, le fameux « gate » qui marquerait enfin le passage en production proprement dite. « Depuis plus d’une décennie, BGE2 est comme un véhicule coincé sur une autoroute sans fin, incapable de prendre une sortie. »
Malgré ces difficultés persistantes, Beyond Good & Evil 2 se rapproche d’un nouveau jalon décisif. Ce cap pourrait déterminer l’avenir du titre, entre une poursuite du développement et une annulation pure et simple. « Ce ne serait pas son premier, et si les choses tournaient mal, ce ne serait malheureusement pas une première non plus. Certains craignent même que ce soit le dernier, vu la restructuration majeure qui secoue Ubisoft actuellement », précise le rapport. Le jeu dispose d’un socle technique solide avec le moteur Voyager, mais son identité gameplay n’a jamais été fixée, passant par de nombreuses phases : petits groupes matchmakés, gameplay plus ouvert, mode coopératif à quatre, puis à deux joueurs.
A l’approche de cette nouvelle étape, la direction aurait de nouveau changé. L’objectif serait désormais de proposer une aventure « solo-first », sans connexion obligatoire, avec un contenu narratif riche jouable également en coopération. Son système de combat s’inspirerait fortement des jeux Spider-Man d’Insomniac.
Pour beaucoup au sein de l’équipe, cette situation ressemble à la recette parfaite du désastre et pourrait sonner le glas du projet. A l’inverse, une annulation permettrait enfin une analyse objective de ce qui n’a pas fonctionné. « Je ne pense pas que nous identifierons jamais la cause profonde des problèmes de BGE2 tant que le projet sera actif, qu’il sorte ou non », confie une source ayant consacré six ans de sa vie professionnelle au jeu. « Il faudra un post-mortem absolument colossal. En attendant, nous avançons, sans pouvoir dire ce qui nous a menés ici. »
Compte tenu de la durée extraordinaire de son développement, la sortie éventuelle de Beyond Good & Evil 2 tiendrait du miracle. Dans un secteur où les coupes budgétaires sont légion, on comprend que certains développeurs pensent que la fin est proche. Espérons que ce ne soit pas le cas et que le projet trouve enfin l’identité qu’il cherche depuis 2017.



