Apple a déjà relevé plusieurs tarifs, mais la firme a confirmé une nouvelle pression sur les coûts mémoire. Les composants destinés aux appareils pourraient encore renchérir d’ici la fin de l’année.
La mémoire pèse sur les factures
Qu’il s’agisse d’un smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur portable, Apple a déjà appliqué des étiquettes révisées sur une longue liste de produits. Comme ces machines ont déjà gagné plusieurs centaines d’euros, notamment les MacBook et le Mac mini, qui embarquent des puces M très performantes, on pouvait espérer que la vague était terminée.
Pourtant, lors de sa récente présentation des résultats, Apple a mis fin à cet espoir. La société a prévenu que les prix des puces mémoire montent à un rythme sans précédent, et John Ternus a indiqué aux investisseurs que les coûts seraient encore plus élevés au trimestre clos en décembre.

Pourquoi la facture mémoire explose-t-elle?
La réponse courte tient à la crise actuelle de la mémoire et des composants. Tandis que les entreprises renforcent leurs investissements dans les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, la demande en volume passe devant les besoins des autres fabricants, y compris Apple et Samsung.
Les groupes de produits grand public se retrouvent donc à surenchérir face à des clients prêts à signer des factures plus lourdes pour obtenir les puces et les modules dont ils manquent. Le résultat se voit sur la facture totale de chaque appareil.
En regardant au-delà du trimestre clos en décembre, Ternus a jugé que les achats de mémoire continueraient de coûter davantage. Un dirigeant d’Apple a aussi précisé que les engagements d’achat de composants avaient bondi de 33 milliards d’euros entre le trimestre clos en juin et celui clos en septembre.

Que fait Apple pour amortir le choc?
En clair, Apple n’augmente pas forcément ses volumes d’achat, mais elle règle à des prix de marché gonflés et historiquement élevés. La compensation permet de tenir les tarifs encore quelque temps, mais la facture élevée finira par rogner les marges, avec une baisse attendue entre 45 et 46 % au trimestre clos en décembre.
Une partie de la hausse a déjà été transférée au public. Apple a augmenté les tarifs des Mac et des iPad fin juin, avec le MacBook Pro 14 pouces en hausse de 300 euros et l’iPad Air de 150 euros, puis relevé l’iPhone 18 Pro de 100 euros, pour le porter à 1 199 euros en septembre.
Un autre point favorable vient de la compensation partielle obtenue grâce à la hausse appliquée fin juin, au gain lié aux stocks déjà reçus avant le trimestre de décembre, et aux coûts plus bas sur certains composants hors mémoire.

Faut-il s’attendre à une nouvelle hausse?
Cet effet tampon disparaîtra vite à mesure que ces stocks seront utilisés. Une nouvelle hausse de prix peut donc se profiler, ce qui ferait glisser les produits Apple d’une catégorie déjà coûteuse vers une catégorie encore plus chère.
Comme le chiffre d’affaires a atteint 114,5 milliards d’euros, en hausse de 12 %, et que l’iPhone tire déjà la croissance, Apple dispose des ressources nécessaires pour honorer ses commandes de composants.
Reste à savoir si la firme préfèrera protéger sa marge brute ou continuer à amortir les coûts par elle-même dans les mois qui viennent.



