Les bureaux de la société hardware Super Micro Computer à Taïwan ont été perquisitionnés. Cette opération des autorités locales s’inscrit dans une vaste enquête sur un trafic de puces d’intelligence artificielle. L’affaire, qui implique des GPU NVIDIA destinés à la Chine, pourrait avoir de lourdes conséquences pour le constructeur, un acteur majeur de l’écosystème AI.
Une perquisition dans le cadre d’une enquête sur le trafic de GPU
Selon un rapport de Bloomberg, les bureaux taïwanais de Super Micro Computer ont été perquisitionnés par les autorités. Cette opération fait partie d’une enquête sur la contrebande de puces NVIDIA à destination de la Chine. Le parquet du district de Keelung a confirmé avoir mené des raids sur plusieurs sites, dont un bureau de Super Micro, sans toutefois citer directement l’entreprise dans sa déclaration initiale.
L’information, également relayée par le Financial Times, a été corroborée par des sources proches du dossier. Ces perquisitions font partie des actions menées par Taïwan pour lutter contre ce trafic de composants technologiques. La société taïwanaise Albatron Technology Co, un distributeur des produits Super Micro, a confirmé le raid dans un dépôt auprès des autorités.

Le cofondateur de Super Micro et un sous-traitant font partie des individus inculpés par le gouvernement américain pour avoir introduit illégalement des puces AI d’une valeur de 2,5 milliards d’euros en Chine. Les deux parties ont plaidé non coupables devant un tribunal de New York. Interrogée sur les récents événements à Taïwan, l’entreprise a fourni une déclaration au Financial Times.
“Les produits Supermicro continuent d’être ciblés dans ces affaires, et nous continuons de coopérer avec les forces de l’ordre et les représentants gouvernementaux à Taïwan et dans les autres juridictions où nous sommes présents pour garantir que notre technologie est distribuée comme prévu par la loi.”
Super Micro affirme collaborer étroitement avec les autorités taïwanaises sur ces événements pour garantir le respect des lois sur le contrôle des exportations. Si les États-Unis restreignent l’accès de la Chine aux puces NVIDIA, la réexportation de ces composants depuis Taïwan vers la Chine ne constitue pas en soi une infraction pénale dans la juridiction taïwanaise.
Après l’inculpation des personnes liées à l’entreprise plus tôt cette année, Super Micro avait déclaré que le comportement présumé constituait une « violation des politiques et des contrôles de conformité de la Société, y compris des tentatives de contourner les lois et réglementations applicables en matière de contrôle des exportations. »
Super Micro avait rompu ses relations avec le sous-traitant soupçonné d’être impliqué et avait placé deux employés en congé. L’action de l’entreprise avait chuté de 33% à l’annonce de l’affaire. Aux côtés de Dell, Super Micro joue un rôle central dans le déploiement de l’infrastructure AI, en assemblant notamment les puces AI de NVIDIA pour les centres de données.



