Intel maintient ses anciens CPU Raptor Lake face à la cherté persistante de la DDR5. Une décision stratégique pour offrir une option plus accessible aux assembleurs de PC, alors que le prix des barrettes mémoire continue de peser lourd sur le budget des configurations.
Une réponse stratégique à la crise des composants
Intel va continuer à proposer ses anciens processeurs Raptor Lake afin de laisser aux assembleurs une alternative face aux prix encore élevés de la DDR5.
Avec la pénurie persistante de mémoire, les amateurs sont souvent contraints de reporter leurs projets d’amélioration. La situation actuelle du marché des composants reste difficile pour les consommateurs, avec des tarifs en hausse constante.
Face à ce contexte, la division client d’Intel relance des gammes existantes tout en développant les nouvelles. On a vu AMD proposer des versions actualisées et plus abordables de ses séries Ryzen 5000 et Ryzen 7000 sur les plateformes AM4 et AM5. L’objectif est simple : permettre aux possesseurs de PC d’améliorer leur machine sans changer de socle.
L’intérêt de soutenir les anciennes plateformes tient à la forte augmentation du coût de la mémoire. Les propriétaires de DDR4 devraient ainsi débourser une somme conséquente pour passer à une plateforme DDR5, tandis que ceux possédant déjà de la DDR5 verront le prix pour augmenter leur capacité multiplié par deux ou trois.

C’est pourquoi Intel a décidé il y a quelques mois de continuer à se concentrer sur les CPU Raptor Lake, qui composent ses gammes de 13e et 14e générations. L’avantage de Raptor Lake réside dans le choix laissé à l’utilisateur entre des cartes mères DDR5 et DDR4, avec même des modèles hybrides sur le marché. Bien qu’Intel ait collaboré avec ses partenaires sur le standard HUDIMM, celui-ci n’a pas rencontré le succès escompté.
Intel réaffirme aujourd’hui son soutien et la disponibilité des CPU Raptor Lake. Dans un entretien accordé à Tom’s Hardware, Robert Hallock (Vice-Président et Directeur Général du canal passionné chez Intel) a déclaré que les produits gravés en 10 nm, comme Raptor Lake, resteront partie intégrante de la gamme client pour les années à venir.
Selon Robert, « beaucoup de personnes restent intéressées par la DDR4 », ce qui motive l’entreprise à maintenir ces anciennes gammes. Le prix de la DDR4 n’est pas excellent non plus, mais il reste inférieur à celui de la DDR5, avec des kits de 16 Go qui se vendent parfois plus cher que certains GPU grand public. Or, 16 Go représentent le strict minimum pour les joueurs, une capacité de 32 Go étant préférable pour une configuration de jeu correcte.

Intel prépare également une nouvelle actualisation de ses CPU Raptor Lake, qui inclura des gammes Core 7, Core 5 et Core 3 pour les PC de bureau avec jusqu’à 20 cœurs, tout en conservant la compatibilité avec le socket LGA 1700.
Pour les ordinateurs portables, Intel a également intensifié le déploiement de ses gammes Lunar Lake pour le grand public, tandis que Panther Lake et Wildcat Lake continueront de servir les segments premium et d’entrée de gamme en utilisant ses propres nœuds de fabrication.
Cela ne signifie pas qu’Intel va délaisser les gammes de nouvelle génération. Les CPU Core Ultra 200S Plus ont redonné vie à Arrow Lake après une première version qui avait déçu les joueurs. Ces nouveaux modèles offrent un meilleur rapport performances/prix, et avec les récentes remises et offres groupées de jeux, ils apparaissent très intéressants. Par ailleurs, Intel travaille sur Nova Lake pour l’année prochaine, qui continuera de servir le segment haut de gamme et passionné.
Dans les années à venir, on devrait voir AMD et Intel se recentrer sur les anciennes plateformes DDR4, une tendance qui durera tant que les prix ne seront pas revenus à la normale. Les estimations actuelles suggèrent que les tarifs de la mémoire resteront à ce niveau au moins jusqu’en 2029-2030. Aucune des deux sociétés ne souhaite négliger les segments d’entrée et grand public, qui représentent l’essentiel de leurs volumes de vente et de leurs revenus.



