Apple a officiellement averti dans son rapport 10-Q déposé auprès de la SEC qu’elle pourrait faire face à des pénuries de capacité de calcul pour ses besoins en intelligence artificielle et en apprentissage automatique. Le géant de Cupertino craint que ces contraintes n’affectent le lancement de ses produits et services. Ce constat, bien plus inquiétant que les simples problèmes de chaîne d’approvisionnement, révèle une dépendance croissante aux infrastructures de ses partenaires.
Apple prévient que les lancements de produits et services pourraient être retardés en raison de pénuries de capacité de calcul
Dans son rapport 10-Q adressé à la SEC, Apple a ajouté une section sur les composants et les ressources de calcul, considérés comme des facteurs de risque pour son activité. L’entreprise explique que sa décision de limiter l’approvisionnement en composants à un groupe restreint de fournisseurs l’expose à des variations de prix et à des pénuries, ce qui pourrait affecter ses revenus.
Apple mentionne spécifiquement la pénurie persistante dans l’industrie de la mémoire, soulignant que les turbulences dans les secteurs de la NAND et de la DRAM « nuisent à la capacité de l’entreprise à obtenir des quantités suffisantes de composants et de produits à des conditions commercialement raisonnables, voire à les obtenir tout simplement ».

L’entreprise enchaîne ensuite sur la capacité de calcul dédiée à l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique. Contrairement aux hyperscalers et à ses concurrents directs de la tech, Apple s’est abstenu de dépenser massivement dans l’infrastructure IA ou le développement de logiciels. Elle a plutôt choisi de s’appuyer sur les infrastructures d’autres acteurs, comme Google. Dans son rapport, Apple admet que ses services d’IA et d’apprentissage automatique dépendent « de l’accès à des ressources de calcul suffisantes ».
L’entreprise ajoute que la demande pour cette infrastructure a considérablement augmenté, entraînant « une offre contrainte, des délais de livraison allongés et des coûts croissants ». Selon Apple, en plus de sa propre infrastructure de calcul, elle compte aussi sur des infrastructures tierces pour répondre à ses besoins, et pourrait être « incapable d’obtenir une capacité suffisante à des conditions commercialement raisonnables, ou tout simplement, pour répondre à la demande des clients ».
En conséquence, l’entreprise précise que si elle ne parvient pas à accéder à une capacité suffisante à temps ou à un coût raisonnable, la fonctionnalité et la disponibilité de ses produits et services pourraient être limitées, et le déploiement de ces produits et services pourrait être retardé.
Alors que ses concurrents comme Google et Amazon ont développé leurs propres puces IA sur mesure pour faire tourner leurs logiciels, les détails sur le matériel d’Apple restent rares. L’entreprise gère ses charges de travail IA via son écosystème Private Cloud Compute (PCC). Sur ce point, elle a fait une annonce importante en juin lorsqu’elle a révélé avoir travaillé avec Google et NVIDIA pour étendre PCC aux puces NVIDIA via Google Cloud.



