Valve: un prestataire rend le jeu sur GPU 8 Go à nouveau viable

Rendre jouables des sessions sur un GPU 8 Go, c’est le défi relevé par Natalie Vock, prestataire indépendante qui collabore avec Valve sur RADV. Elle propose un mécanisme de gestion de VRAM côté noyau qui donne la priorité aux jeux et limite les évictions, pour une fluidité plus stable sur des PC modestes. Les tests sous Linux, jusqu’à Cyberpunk 2077, montrent des gains nets sans fermer les applis en arrière-plan. AMD et Intel en profitent déjà, NVIDIA reste à l’écart avec ses modules propriétaires.

Un correctif noyau qui redonne de l’air aux GPU 8 Go

Une prestataire indépendante de Valve vient de se fixer une mission aussi ardue qu’utile: rendre le jeu viable sur des GPU 8 Go.

Avec une astuce simple, une prestataire de Valve débloque un jeu fluide sur des GPU 8 Go

Jouer sur un GPU d’entrée de gamme, surtout limité à 8 Go de VRAM, devient de plus en plus compliqué. Entre des sorties souvent peu optimisées et une majorité de joueurs PC qui visent un budget serré à cause du coût des composants, l’expérience se dégrade pour beaucoup.

Une développeuse partageant ce constat a mis au point un outil inédit de gestion de VRAM pour redonner de la marge aux GPU modestes.

Selon Natalie Vock, prestataire indépendante qui contribue à RADV, le pilote Vulkan open source pour les GPU AMD, jouer sereinement avec 8 Go redevient envisageable. Dans un billet publié sur le blog Pixelcluster GPU, elle explique comment elle s’est attaquée au casse-tête de la VRAM.

Tout le monde n’a pas un monstre de datacenter avec 128 Go de VRAM dans son PC de bureau. Partout, on raconte l’histoire d’un groupe coriace de joueurs Linux: ceux qui osent tenter de jouer avec seulement 8 gigaoctets de VRAM, voire moins. Il faut une sacrée endurance et de la détermination pour encaisser les saccades et les ralentissements quand la VRAM vient à manquer. C’est la bataille générale dans le pilote du noyau, chaque application grappille autant de mémoire GPU que possible. Tout jeu pris dans cette mêlée en sort rarement indemne.

Jusqu’à présent. Parce que j’ai corrigé le problème.

Natalie Vock – Pixelcluster GPU blog

Ses mesures commencent par observer ce qui se passe sur un GPU 8 Go en usage courant. Sur un PC de bureau typique, un navigateur ouvert avec quelques onglets et d’autres applis consomment déjà une part non négligeable de la VRAM: avant même de lancer un jeu, près d’un quart est mangé. Une fois Cyberpunk 2077 en route, l’enveloppe de 8 Go est quasiment saturée.

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Les PC de bureau partagent aussi des ressources entre la VRAM du GPU et la mémoire système via le GTT. Cette mémoire est accessible au GPU, mais le transfert se fait à une vitesse bien moindre que la VRAM dédiée (256 Go/s contre 16 Go/s dans l’exemple), ce qui plombe les performances. Cyberpunk 2077 alloue environ 650 Mo au GTT, mais malgré cette réserve, certaines requêtes prévues pour la VRAM finissent quand même en GTT: c’est l’«éviction».

Pour limiter ces évictions, les cgroups entrent en jeu: ils permettent de regrouper des processus et de fixer des limites de RAM et de CPU. L’étape suivante s’appelle le «dmem cgroup controller», développé par Maarten, Maxime Ripard (Red Hat) et Natalie. Le noyau peut alors protéger une portion de mémoire pour le jeu et éviter qu’elle ne soit chassée. Avec des réglages supplémentaires et des patchs de Natalie, la gestion devient nettement plus agressive et efficace.

Le résultat se voit immédiatement en relançant Cyberpunk 2077 avec les patchs: même avec plusieurs applications lourdes en arrière-plan, le jeu ne déporte plus ses allocations vers la mémoire système. Le rendu reste plus stable et plus facile à tenir sur des GPU 8 Go, voire 6 Go.

La priorisation via les cgroups permet désormais au jeu d’utiliser pratiquement le dernier octet de VRAM pour l’usage qui compte vraiment. Difficile de comparer des chiffres précis, car la pénurie de VRAM se développe progressivement au fil de la partie, mais l’amélioration saute aux yeux quand on joue un moment. Au lieu d’une performance qui se dégrade peu à peu, les jeux restent bien plus stables tant que le titre n’utilise pas plus de VRAM que vous n’en avez. En général, même les jeux modernes tiennent dans un budget d’environ 8 Go, ou un peu moins, donc avec un GPU 8 Go, vous êtes parés pour les titres d’aujourd’hui.

Natalie Vock – Pixelcluster GPU blog

À ce stade, les dmem cgroups sont compatibles avec les GPU AMD et Intel. NVIDIA n’en bénéficie pas à cause de ses modules noyau propriétaires. Le support des iGPU reste incertain, car ils n’ont pas de mémoire dédiée et s’appuient sur le GTT, mais le patch pourrait tout de même apporter quelques gains. Beau travail de Natalie, en espérant que ces avancées profitent vite aux machines équipées de GPU d’entrée de gamme.

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