Le succès de Muse, l’agent IA personnel de Meta, est indéniable. Mais derrière cette réussite se cache un défi de taille pour le géant technologique : la mise à l’échelle de son infrastructure. Les premiers signes de tension apparaissent, alors même que l’audience de l’assistant n’a pas encore atteint le million d’utilisateurs quotidiens.
Une croissance rapide qui met l’infrastructure sous pression
Selon les données de Similarweb, le nombre d’utilisateurs actifs quotidiens de Muse a été multiplié par dix en onze jours, approchant les 700 000. Malgré cette ascension fulgurante, la plateforme semble déjà rencontrer des difficultés pour soutenir sa croissance.
- Alexander Wang, responsable de l’IA chez Meta, a révélé dès le 9 septembre que l’utilisation dépassait largement les projections, forçant la société à ajuster les limites de tokens.
- La plateforme de monitoring SaaSHub signale actuellement un état « Dégradé » pour Muse, avec des utilisateurs signalant des problèmes, notamment des échecs de recherche.
- Lors d’un test de stress récent, Muse n’a réussi à créer que 33 sous-agents sur 120 tentatives, révélant des limites dans sa capacité à gérer des charges simultanées importantes.
Ces incidents surviennent alors que le déploiement de Muse est encore limité aux États-Unis et au Canada. Meta n’a pas encore ouvert les inscriptions via WhatsApp et Instagram, ce qui laisse présager une vague d’adoption bien plus massive.
L’architecture même de Muse explique ces défis. Meta promet à chaque utilisateur une machine virtuelle dédiée avec 2 cœurs vCPU, 8 Go de RAM et 100 Go de SSD. Si l’agent atteint 100 millions d’utilisateurs dans l’année, Meta aurait besoin d’au moins 200 millions de cœurs CPU, soit l’équivalent d’environ 1,58 million de processeurs AMD Ryzen EPYC. Les besoins en mémoire (800 pétaoctets de RAM) et en stockage (10 000 pétaoctets de SSD) seraient tout aussi colossaux.
Parallèlement, Meta continue de développer l’écosystème Muse. La société préparerait un petit objet connecté en forme de porte-clés, le Muse Charm, pour interagir avec l’agent. L’interaction via les lunettes connectées de Meta est également possible. Concernant le modèle économique, Mark Zuckerberg a indiqué que la société percevrait « une petite commission sur les transactions » facilitées par Muse.
Pour rappel, Muse est un agent IA capable d’exécuter des tâches complexes en votre nom, comme naviguer sur le web via un navigateur cloud sécurisé et gérer des actions en arrière-plan. Pour garantir la confidentialité, il fonctionne dans une machine virtuelle isolée. Un système de surveillance, le Sentinel, supervise en continu l’environnement et bloque toute transaction sans l’approbation de l’utilisateur.
Meta propose actuellement jusqu’à 100 millions de tokens gratuits par semaine. Des abonnements payants, démarrant aux alentours de 20 € par mois, seront proposés pour les utilisateurs intensifs.



