Une vague démocrate historique vient de déferler sur les États-Unis, remportant notamment le Texas, un État clé pour le développement de l’intelligence artificielle. Cette situation pourrait perturber l’approvisionnement en capacité de calcul prévu pour les prochaines années, selon certains analystes. Elon Musk, particulièrement visé par ce changement politique, évoque déjà une solution radicale : délocaliser les centres de données dans l’espace.
Une victoire démocrate qui inquiète l’industrie de l’IA
Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre, du Sénat et ont même raflé le poste de gouverneur dans des bastions républicains comme le Texas. Or, cet État représente environ 25% de la capacité de centres de données planifiée aux États-Unis d’ici 2030, avec un pipeline de projets électriques colossal.
La victoire de Gina Hinojosa (D) au Texas pose un problème majeur. Elle a déjà appelé à supprimer les subventions pour les centres de données, à exiger une main-d’œuvre syndiquée, à interdire les accords de confidentialité et à fournir des preuves que ces constructions n’augmenteront pas les factures d’eau et d’électricité des foyers.
« Si vous vous souvenez, au sommet All-In, nous avions identifié ceci comme un risque pour les marchés. Regardez les cours hors séance de NVIDIA et CoreWeave : NVIDIA perd 2%, CoreWeave perd 6%… L’élection et la régulation associée représentent un vrai risque. »
Brad Gerstner d’Altimeter Capital craint même qu’un moratoire sur les nouveaux centres de données soit décrété. Il estime que ce changement de paradigme pourrait retarder de 10 à 15 GW les projets de centres de données prévus pour 2027.
« Les prévisions consensus pour l’année prochaine tablent sur 43 GW mis en service en 2027. Pour donner une idée, le total cumulé aux États-Unis fin 2026 est d’environ 38 GW. On prévoyait donc de mettre en ligne plus l’année prochaine que tout ce qui a été construit à ce jour. Je crains que nous n’en construisions que la moitié. Avec cette vague bleue, je pense que cela va encore plus ralentir. Nous pourrions voir 10 à 15 GW des constructions attendues ne pas voir le jour. »
Si de nombreux acteurs de l’IA avaient financé les deux camps avant les midterms, laissant une étroite marge de manœuvre pour un compromis, d’autres semblent plus directement menacés.
Elon Musk apparaît comme l’un des grands perdants de cette vague bleue. L’ultra-milliardaire a déclaré avec ironie que ses « lasers spatiaux interférant avec les élections n’ont pas fonctionné cette fois ». Il voit désormais ses projets de calcul orbital gagner en pertinence.
« Les centres de données dans l’espace ont l’air assez attrayants maintenant. »
Rappelons qu’Elon Musk envisage de placer des capacités de calcul IA à l’échelle du pétawatt dans l’espace, avec des satellites fabriqués à grande échelle sur la Lune puis propulsés sur orbite lointaine.



