La hausse des coûts mémoire pèse sur le CapEx des clouds, mais NVIDIA profite d’une position exclusive dans la chaîne d’approvisionnement de la DRAM. Les hyperscalers continuent d’acheter au prix fort pour soutenir l’IA à grande échelle, sans ralentir leurs déploiements.
30 % du CapEx en 2026
D’après SemiAnalysis, la part mémoire est passée d’environ 8 % du budget en CY23 et CY24 à près de 30 % attendus en CY26, avec une nouvelle hausse probable en CY27. Les pénuries persistent, mais les dépenses ne fléchissent pas. Les clouds achètent en spot ou en contrat, faute d’alternative, pour soutenir entraînement, inférence et IA générative.
Memory is taking over Hyperscaler CapEx.
In CY23 and CY24, memory was ~8% of total Hyperscaler spend. We estimate it hits 30% in CY26 and moves higher in CY27. That’s a near-4x shift in just four years. (1/4) 🧵 pic.twitter.com/fUxpwUYfcO
— SemiAnalysis (@SemiAnalysis_) Avril 3, 2026
Pour les opérateurs, l’arbitrage budgétaire se durcit. La mémoire grignote l’enveloppe serveurs et réseaux, tout en restant indispensable pour garder le rythme des déploiements de GPU et sécuriser les performances attendues par les clients.
DDR5, LPDDR5 et CXL
La demande explose avec l’adoption de DDR5 et LPDDR5, et la mise en place de pools mémoire reliés en CXL à l’échelle du rack. Les pénuries frappent plus fort les marchés « grand public » de DRAM, cannibalisés par les besoins des data centers et leurs projets de silicium propriétaire.

Conséquence probable : des prix fermes, une pression accrue sur les intégrateurs, et un avantage pour les acteurs capables d’optimiser usage mémoire et interconnexions. Les plus petits clouds risquent des déploiements plus lents, surtout sur l’inférence et la génération d’images.
Statut VVP chez NVIDIA
Selon SemiAnalysis, NVIDIA bénéficie d’un statut client DRAM « VVP » très privilégié, avec capacité et levier tarifaire supérieurs. Le groupe a verrouillé des contrats long terme, anticipant la demande, comme l’a déjà souligné Jensen Huang. Résultat : moins d’impact direct des pénuries.
L’avantage ne se limite pas à la mémoire : semi-conducteurs, packaging avancé et logistique forment une barrière. Pour rivaliser, il faut livrer des GPU performants, un écosystème logiciel solide et sécuriser l’amont, sous peine de retards ou de coûts prohibitifs.
Si la DRAM grimpe encore, l’écart entre leaders intégrés et poursuivants pourrait s’élargir, avec des arbitrages douloureux pour certains déploiements IA.



