Le débat constant sur l’effet de la piraterie sur les ventes de jeux vidéo s’enrichit d’une nouvelle étude mettant en lumière les implications financières de la protection par DRM. Intitulée « The Revenue Effects of Denuvo Digital Rights Management on PC Video Games », cette recherche conduite par l’associé de recherche UNC, William Volckmann, et publiée dans la revue spécialisée Entertainment Computing, fournit des perspectives pertinentes sur l’influence du DRM Denuvo sur les ventes de jeux.
L’étude de Volckmann (relayée par ArsTechnica) examine 86 jeux protégés par Denuvo, lancés sur Steam entre septembre 2014 et décembre 2022. Elle analyse les effets de la protection DRM sur les ventes avant et après des scénarios de piraterie. Notamment, l’étude admet les difficultés à quantifier précisément les implications financières, en raison de l’absence de données publiques sur les ventes de la plupart des jeux. Ainsi, Volckmann a adopté une mesure proxy, combinant le nombre de nouvelles tests des utilisateurs sur Steam avec le nombre moyen de joueurs actifs (pour les jeux solo uniquement), afin d’estimer la baisse relative des ventes suite à la publication d’un crack.
Concernant les résultats de l’étude, il a été constaté que la disponibilité d’un crack entraînait une perte de revenus proportionnelle moyenne d’environ 19% chaque semaine après la sortie du jeu, ce qui indique un impact considérable sur la performance des ventes. L研究met également en avant l’importance de la rapidité des publications de cracks sur les revenus d’un jeu. Ainsi, un jeu protégé par Denuvo qui est cracké dans la première semaine suivant sa sortie pourrait gagner environ 20% de moins comparé à un jeu dont le DRM serait resté en place. Après 12 semaines, les nouvelles ventes deviennent négligeables, suggérant que retirer des schémas DRM impopulaires à ce stade pourrait entraîner des pertes limitées et même des bénéfices potentiels provenant des consommateurs hostiles au DRM.
Les résultats de Volckmann corroborent la position d’Irdeto, le créateur de Denuvo, qui souligne l’importance du DRM pour protéger la fenêtre test de lancement d’un jeu. L’étude révèle que la protection Denuvo demeure généralement intacte durant les 12 premières semaines, estimant qu’en l’absence de DRM, ces jeux pourraient générer en moyenne 20% de revenus en moins.
En conséquence, quelques entreprises, à l’image de Square Enix, commencent à retirer Denuvo plusieurs mois après la sortie d’un jeu. Cependant, la majorité des éditeurs attendent environ un an pour effectuer cette démarche. Cette étude met en lumière que les éditeurs et développeurs pourraient agir de manière beaucoup plus précoce pour retirer cette forme de protection.



