Seagate dévoile une innovation dans le domaine des disques durs en associant le stockage magnétique aux normes NVMe, visant à répondre aux exigences croissantes de l’intelligence artificielle tout en offrant des solutions de stockage moins coûteuses que les SSD.
La technologie des disques durs remonte aux années 1950 et repose toujours sur des normes d’entrée/sortie anciennes. Seagate cherche à faire évoluer les disques durs vers un avenir basé sur PCIe, une transition motivée par la demande croissante de stockage rapide dans la formation et l’inférence d’intelligence artificielle, notamment dans les centres de données massifs et gourmands en énergie.
Récemment, Seagate a introduit une nouvelle approche pour le développement et l’évolution des HDD, intégrant le stockage magnétique et NVMe dans une nouvelle technologie de stockage. Le constructeur souhaite simplifier et améliorer le stockage de données pour les entreprises d’IA en proposant une solution significativement moins coûteuse que les disques à état solide.
Bien que les disques durs n’atteindront jamais le même niveau de performance que les SSD, Seagate affirme pouvoir les améliorer pour une utilisation plus efficace dans les centres de données de prochaine génération. La société est à l’avant-garde d’une solution transformante en ajoutant la compatibilité NVMe à des disques durs de haute capacité.
Seagate a expliqué qu’en adoptant le protocole basé sur PCIe, les disques durs NVMe pourraient éliminer la nécessité de circuits intégrés propriétaires liés aux interfaces SAS/SATA traditionnelles, aux adaptateurs de bus hôte (HBA) et aux architectures de contrôleurs inadaptées aux charges de travail de l’IA. Le nouveau protocole promet un haut débit et une faible latence, bien qu’il soit difficile d’imaginer un avenir où les disques durs transfèrent des données à des vitesses de gigaoctets par seconde.

Ces disques durs NVMe n’utiliseront pas d’HBA ni de contrôleurs sur mesure, mais conserveront le même connecteur SAS/SATA pour une meilleure compatibilité. La nouvelle technologie simplifiera le déploiement des solutions de stockage AI, tandis qu’une pile de pilote logiciel NVMe unique devrait permettre aux HDD et SSD de fonctionner plus efficacement ensemble.
Seagate met également en avant la possibilité de connecter directement les disques NVMe aux GPU, contournant les bottleneck (goulots d’étranglement) créés par les routes de données traditionnelles via le CPU. La nouvelle architecture est plus efficace, permettant aux modèles d’IA de traiter d’énormes ensembles de données avec des délais d’entrée/sortie réduits. De plus, une nouvelle technologie NVMe over Fabrics (NVMe-oF) devrait amener les HDD dans des architectures de stockage distribuées et évolutives.
Seagate a testé l’impact potentiel des disques durs NVMe à travers une intégration de preuve de concept entre des HDD personnalisés, des SSD NVMe, des unités de traitement de données NVIDIA BlueField (DPU) et le logiciel AIStore. Bien que la société n’ait pas fourni de métriques spécifiques concernant les performances, elle affirme que la nouvelle plateforme offrait des avantages clés pour les flux de travail d’IA. La communication directe GPU-stockage via les DPU a réduit les latences liées au stockage tout en éliminant les surcharges SAS/SATA héritées dans une architecture système plus simple.
De plus, le logiciel AIStore a aidé à optimiser le caching des données pour améliorer la performance de formation des modèles d’IA, tandis que l’intégration de NVMe-oF a prouvé son utilité dans des clusters de stockage multi-rack. Seagate a déclaré que les HDD NVMe offriraient 10 fois plus d’efficacité en carbone incorporé par téraoctet, une consommation d’énergie quatre fois plus efficace et un coût par téraoctet « considérablement inférieur » à celui des SSD. La société travaille actuellement à l’échelle de sa plateforme Mozaic 3+ basée sur HAMR et à développer des disques durs de plus haute capacité tout en explorant des solutions de stockage NVMe avec ses partenaires constructeurs.



