L’industrie des puces chinoises fait face à un défi de taille : répondre à une demande intérieure croissante tout en contournant les restrictions américaines. Les fabricants locaux, comme SMIC et Huahong Grace, doivent composer sans les machines de production les plus avancées. Cette pression stimule pourtant une montée en puissance des capacités nationales.
Une croissance portée par les besoins en IA
Les livraisons de puces conçues localement pourraient atteindre 5 millions d’unités en 2026, selon les détails d’un appel d’expert organisé par Deutsche Bank. Ces projections indiquent que les expéditions ont été de 4 millions d’unités l’an dernier et devraient augmenter cette année. Le secteur devrait croître à un taux de croissance annuel composé de 30 % sur les deux à trois prochaines années. Dans ce cadre, la part du marché détenue par SMIC et Shanghai Hua Hong devrait passer de 40 % à plus de 50 %.
Ces estimations sont partagées par la banque d’investissement JPMorgan. Dans un rapport, la banque estime que les livraisons de puces d’IA domestiques pourraient passer d’1 million en 2025 à cinq millions d’ici 2028. JPMorgan anticipe que Huawei et Cambricon Technologies, soutenu par l’État, représenteront la majeure partie de cette croissance.

La situation actuelle est le résultat des sanctions américaines qui empêchent la Chine d’acquérir les derniers GPU d’IA de NVIDIA. Bien que NVIDIA ait conçu des puces spécifiques pour le marché chinois, le gouvernement local restreint désormais leur achat pour encourager la production nationale. Cette volonté de stimuler l’industrie locale persiste alors que les principaux fondeurs chinois n’ont pas accès aux machines de fabrication de pointe nécessaires pour produire des GPU de nouvelle génération.
Le fabricant Cambricon avait déjà fait parler de lui l’année dernière lorsque Goldman Sachs avait estimé que la société pourrait livrer 2,3 millions d’unités de sa puce d’IA en 2030. Cet essor fait suite aux sanctions américaines, qui ont contraint les développeurs chinois d’IA à se tourner vers des produits conçus localement. La société tirerait 80 % de ses revenus de ByteDance.
Le secteur de la fonderie chinoise a récemment gagné en visibilité après que la firme Moonshot AI a affirmé que son modèle d’IA Kimi K3 avait été développé exclusivement sur des puces nationales.
This reminds me of something. A few days ago, I read the transcript of an expert call hosted by DB. It said that shipments of homegrown Chinese chips had already reached 2.5 million units this year. I scoffed at the figure, thinking there was no way it could be true—but now I’m… https://t.co/lcIneyih5m pic.twitter.com/uhiBk7I79v
— Jukan (@jukan05) July 20, 2026



