Les prix des cartes graphiques en Europe commencent à baisser, portée par un euro renforcé face au dollar faible, rendant les GPU plus accessibles. Ce changement pourrait signaler un retour progressif à des tarifs plus raisonnables, malgré un contexte économique mondial encore incertain.
Les tarifs des cartes graphiques ont été hors de contrôle pendant une grande partie de l’année, rendant difficile la disponibilité et l’achat à un prix raisonnable. En Europe, les prix commencent à décliner, non seulement grâce à l’arrivée de modèles d’entrée de gamme chez NVIDIA et AMD, mais aussi en raison d’une dépréciation importante du dollar. Cette faiblesse monétaire, liée aux politiques économiques américaines, rend les GPU nettement moins chers pour les acheteurs hors des États-Unis.
Un dollar fort, un paradoxe
Travaillant principalement avec des éditeurs américains, j’apprécie généralement un dollar fort. Malgré mon opposition au Brexit, la baisse de la livre m’a parfois avantagé en tant que personne rémunérée en dollars. Si mes revenus globaux souffrent sous la gestion économique actuelle, la baisse des prix des GPU en Europe constitue un avantage inattendu.
Au cours des derniers mois, le taux GBP/$ est passé d’environ 1,22 $ à environ 1,34 $. Cette variation fait perdre environ 10 % de revenus lors de la conversion, un phénomène similaire pour la zone euro. L’euro est désormais estimé 10 à 15 % plus fort que le dollar, comparé au début de l’année où les deux monnaies étaient presque à parité.
Cette tendance contribue à faire baisser les prix en France, où la RTX 5070 est désormais proposée autour de 569 €, soit environ 650 $ selon VideoCardz. Ce tarif est en recul par rapport aux 589 €, voire 629 € constatés récemment.

Au lancement en Europe, le prix de référence était proche des 650 €, mais aujourd’hui les RTX 5070 se vendent largement en dessous de cette somme sur l’ensemble du continent.
Cette baisse suit celle observée récemment sur plusieurs modèles RTX 5000 et témoigne d’une tendance amorcée dès la mi-mars. La faiblesse du dollar, combinée à la force de l’euro, contribue à rendre les GPU plus abordables en Europe.
Des prix initialement trop élevés
Il est agréable de voir les prix redescendre, même si la cause est malheureuse. Cette évolution ressemble davantage à un retour à des tarifs normaux, bien que la situation ne soit pas entièrement stabilisée. La RTX 5070 est supposée être une carte milieu de gamme, plutôt dans la partie basse de cette catégorie. Si son prix avait été de 550 $, ce serait un ajustement raisonnable compte tenu de l’inflation : 50 $ de plus que la RTX 3070 et 50 $ de moins que la 4070. En réalité, les tarifs ont été bien plus élevés, et les droits de douane ne vont pas arranger les choses dans les mois qui viennent.

La RTX 5090 a été proposée à plus de 3 000 €, soit 50 % au-dessus du prix recommandé.
Cependant, la concurrence devrait réduire les marges. L’AMD RX 9070 XT a avancé la sortie d’une version Super de cette génération, et les prix agressifs des modèles AMD pourraient faire baisser les prix sur certains GPU lorsque les stocks reviendront à un niveau plus normal.
Les prochaines cartes d’entrée de gamme de NVIDIA et AMD sont également attendues. La RTX 5060 Ti vient d’être lancée, rapidement en rupture aux États-Unis, mais avec des stocks plus conséquents à l’étranger. Au Royaume-Uni, on peut facilement s’en procurer une en version 16 Go ou 8 Go (même si cette dernière n’est pas recommandée). Les disponibilités de la RTX 5060 8 Go devraient rester bonnes une fois commercialisée (à éviter également), tandis que les RX 9060 XT et RX 9060 d’AMD augmenteront la concurrence sur ce segment plus abordable.
Aucune certitude sous cette administration
La tendance vers une normalisation progressive des prix semble se confirmer, avec un rythme moins chaotique des changements tarifaires et perturbations commerciales. Pourtant, aucune garantie n’existe dans le cadre de cette nouvelle administration. La situation peut changer rapidement, parfois même d’un jour à l’autre.

L’AMD RX 9070 XT, meilleure carte lancée cette année, présente un prix aussi démesuré que ceux de NVIDIA.
Malgré les fluctuations monétaires et la pression concurrentielle qui pourraient continuer à pousser les prix vers le bas en Europe, aucune amélioration n’est visible du côté américain. GamersNexus a même évoqué la fin de l’accessibilité pour l’informatique grand public, une vision partagée par d’autres. Les exemptions tarifaires ne semblent pas assez ciblées pour protéger certains secteurs, et les cartes graphiques restent particulièrement vulnérables.
En Europe et au Royaume-Uni, un optimisme prudent commence à émerger, bien qu’il ne profite guère à ceux dont les revenus sont en dollars. Pour les joueurs européens, une amélioration des prix pourrait se dessiner. Ceux qui attendent une mise à jour pourraient bientôt trouver des offres moins désavantageuses.



