Alors que la PlayStation 5 continue de séduire les joueurs, l’annonce du modèle Pro soulève des questions cruciales. Avec des améliorations techniques notables, cette nouvelle version promet de transformer l’expérience de jeu, mais son prix élevé crée doutes et hésitations. Quelles implications cela aura-t-il pour les joueurs et l’avenir de la plateforme ?
La PlayStation 5 est à peine arrivée dans les rayons en 2020 que les joueurs ont commencé à réclamer un modèle Pro. Cela témoigne du succès de la PS4 Pro en 2016, qui avait réussi à justifier un upgrade de mi-génération. Elle augmentait la puissance de la console d’origine, offrant aux joueurs une raison de passer à la caisse avant des titres majeurs comme Horizon Zero Dawn. Il était donc logique que Sony souhaite reproduire cet exploit avec la PS5.
Malgré des années de battage médiatique, la grande annonce ne s’est probablement pas déroulée comme Sony l’espérait.

Mark Cerny de PlayStation a présenté la PS5 Pro lors d’une présentation de neuf minutes ce mardi, mettant en avant le GPU amélioré de la nouvelle console, la technologie d’upscaling portée par l’IA et plus encore. Tout semblait formidable jusqu’à ce qu’on découvre le prix exorbitant : 799 €. Ce coût élevé éclaire d’un nouveau jour la console tant attendue — et la génération PS5 dans son ensemble. Sony a-t-il fait suffisamment ces quatre dernières années pour convaincre les joueurs que la PS5 Pro est un investissement judicieux ? Les passionnés de technologie pourraient être convaincus, mais cela va être une vente très délicate pour la majorité des joueurs.
Mauvais prix
Sur le papier, la PS5 Pro est une idée tout à fait valable. La présentation de neuf minutes de Sony a parfaitement mis en avant l’upgrade, principalement grâce à sa technologie d’upscaling par IA, qui rapproche les meilleurs atouts du jeu PC moderne d’une console de salon. Le principal argument de vente est que la PS5 Pro ne forcera plus les joueurs à choisir entre le mode Graphismes et le mode Performance pour obtenir des visuels de haute qualité à 60 images par seconde. Dans une génération de consoles qui a du mal à offrir des fréquences d’images cohérentes, la nouvelle console résout un problème majeur.
Le revers de la médaille, c’est le prix. La console sera vendue à 799 €. C’est 300 € de plus que le coût de la PS4 Pro en 2016. Pour couronner le tout, elle est uniquement numérique. Si vous souhaitez acheter un lecteur de disque externe, cela vous coûtera encore 80 € de plus. Il n’y a même pas de support vertical inclus, donc les joueurs qui veulent remplacer leur PS5 actuelle pourraient se retrouver à débourser plus de 900 €. Ce coût dépasse celui de toutes les autres consoles sur le marché aujourd’hui — même celle du modèle OLED du Steam Deck, le plus cher que vous puissiez acquérir.
Pour les joueurs les plus technophiles, habitués à dépenser des milliers sur des composants PC, le prix semblera justifié. Le collègue Alexandre soutient que 799 € est un prix raisonnable pour la PS5 Pro en la comparant à des PC d’une puissance similaire. Il a raison, et Sony vise indéniablement les joueurs PC qui pensent ainsi avec cette sortie. Cela cible un créneau ; j’imagine qu’aucun membre de Sony n’attend que cela se vende comme une Nintendo Switch.
Cependant, le stream de présentation de Sony a eu du mal à vendre cette idée. Bien que Mark Cerny ait fourni une explication intéressante de la technologie améliorée de la Pro, un stream YouTube compressé rendait difficile de faire la différence entre les jeux fonctionnant sur une PS5 de base et le modèle Pro. Avec si peu d’améliorations tangibles à promouvoir, je peux imaginer que beaucoup de joueurs sont partis du stream en peinant à repérer les différences. Un prix audacieux nécessite un argumentaire de vente parfait, et Sony a raté le coche avec sa grande révélation. Même si les chiffres semblent lui être favorables, convaincre les acheteurs sera un vrai défi.
Mauvais moment
Même pour ceux qui voient la valeur dans la technologie, il y a un point de friction majeur : les jeux. La génération PS5 a été étrange pour Sony en ce qui concerne l’offre constante de logiciels. Lorsque la PS4 Pro a été lancée, les joueurs disposaient d’une immense bibliothèque de jeux de première partie qui en tiraient profit dès le premier jour. De nombreux grands titres étaient également prévus. Horizon Zero Dawn, Gravity Rush 2 et Uncharted: The Lost Legacy sortaient tous en 2017. 2018 a maintenu cette dynamique avec God of War, Marvel’s Spider-Man, un remake de Shadow of the Colossus, et bien d’autres. Il était donc logique de passer à l’upgrade en 2016, ayant l’impression que la PS4 n’en était qu’à ses débuts en matière de jeux.
La PS5 ne bénéficie pas de ce même luxe. Les quatre premières années de sa vie ont été inégales. Spider-Man 2, God of War Ragnarok, et Horizon Forbidden West sont tous des jeux phares des quatre dernières années, mais la liste des exclusivités incontournables qui pourraient profiter d’un bond technologique s’arrête là. Sony a ralenti sa cadence de sorties de jeux de première partie, ne proposant que deux ou trois grandes sorties par an. Cette année Sony nous a donné le fantastique Astro Bot et le succès surprise de Helldivers 2, mais il y a peu de raisons de se précipiter pour acquérir une PS5 en dehors de ces franchises. En réalité, la PS5 Pro ne disposera d’aucun jeu de lancement de première partie lors de sa prochaine sortie le 7 novembre. Le plus proche est un remake de Until Dawn qui arrive début octobre…
Ce ne serait pas un problème si Sony avait des gros jeux à l’horizon justifiant une mise à niveau. Ce n’est pas le cas. Nous restons largement dans l’incertitude quant aux développements pour la PS5 pour le moment. Nous savons qu’Insomniac a plusieurs titres en préparation, y compris Marvel’s Wolverine, mais rien de ferme n’a été annoncé concernant d’autres franchises PlayStation majeures. Quiconque s’intéresse aux jeux solo de haute qualité dont la PS4 était réputée n’a pas de raison de passer à l’upgrade pour l’instant.

Naturellement, la bibliothèque de la PS5 ne se limite pas aux sorties de première partie, comme l’ont prouvé des titres comme Black Myth: Wukong. Pour un joueur qui possède une PS5 surtout pour les jeux et non pour les exclusivités, il y aura plein de jeux qui tireront parti de la technologie (Grand Theft Auto 6 est le plus grand vendeur de systèmes qui soit). Mais à un prix de 799 €, les joueurs doivent commencer à peser leurs achats plus attentivement. Faut-il faire le saut vers une PS5 Pro pour jouer à ces jeux, ou vaudrait-il mieux, sur le long terme, construire un PC comparable ?
Ce qui rend la proposition plus difficile, c’est qu’elle se déroule en plein changement stratégique majeur. Sony vise actuellement les jeux multijoueurs en service live, qui devraient perturber les dernières années de vie de la PS5. Bungie va lancer Marathon et Haven Studios travaille sur Fairgames, tous deux pouvant servir de sorties phares pour Sony en 2025. Problème ? Les joueurs n’ont pas encore assez de raisons de faire confiance à cette vision. Bien que Helldivers 2 soit un succès, le désastreux Concord a été retiré en ligne en seulement deux semaines. En investissant dans une PS5 Pro cette année, les joueurs pourraient se retrouver prisonniers d’une stratégie « jeux-services » encore balbutiante et peu convaincante. Le démarrage difficile de cette approche soulève des questions légitimes sur la pertinence d’un tel investissement à l’heure actuelle.
Actuellement, le plus grand défi de la PS5 Pro n’est autre que l’excès de confiance de Sony. L’entreprise fixe le prix de sa console comme si la PS5 dominait le marché, à l’instar de la PS4 en 2016. Pourtant, la réalité est bien différente, et l’écart ne se résume pas qu’à 300€ de plus.
La PS5 reste une énigme pour beaucoup. Sony distille au compte-gouttes les informations lors de présentations sporadiques, dévoilant lentement de nouveaux jeux. Or, une console comme la PS5 Pro est censée capitaliser sur l’élan de sa prédécesseure – un élan qui fait cruellement défaut à Sony aujourd’hui.
Il est possible que la stratégie de Sony s’accélère l’année prochaine. L’absence d’annonces ne signifie pas nécessairement que 2025 sera une année creuse – nous pourrions être surpris par une ligne de jeux plus riche que prévu.
Néanmoins, débourser 799€ uniquement sur la base de cette promesse implicite, c’est un acte de foi coûteux. Sony demande beaucoup à ses fans, peut-être trop, sans offrir suffisamment de garanties en retour…






