Le Royaume-Uni s’attaque à un problème environnemental majeur avec l’ouverture de l’usine de récupération de métaux précieux de la Monnaie Royale. Cette initiative innovante permet de recycler des tonnes de déchets électroniques pour récupérer des matériaux précieux comme l’or et l’argent. Cette avancée pourrait transformer la gestion des déchets tout en créant des emplois.

La Monnaie royale du Royaume-Uni, l’une des plus anciennes organisations de fabrication au monde avec une histoire de 1 100 ans, a officiellement ouvert sa usine de récupération des métaux précieux. Cette installation va recycler des tonnes de déchets électroniques pour en extraire de l’or et d’autres métaux devant servir à la fabrication de nouveaux produits.
L’usine de récupération des métaux, coûtant plusieurs millions d’euros, s’étend sur 35 acres au Pays de Galles du Sud. Elle prend des cartes de circuits imprimés (PCB) complètes, des téléphones portables, ainsi que des ordinateurs portables afin de les recycler et de récupérer des métaux précieux. Ces métaux comprennent l’or, l’argent, le palladium, le cuivre, le fer, l’aluminium, le tantale et l’acier. Cela réduit la quantité de déchets envoyés à l’étranger, souvent simplement pour être enfouis dans des décharges, tout en créant de nouveaux emplois.
Pour y arriver, la Monnaie royale utilise une chimie brevetée, issue de l’entreprise canadienne Excir, qui permet d’extraire de l’or sous forme liquide en quelques minutes, et surtout à température ambiante. On évoqué que ce processus peut générer jusqu’à 450 kg d’or à partir de 4 000 tonnes de déchets électroniques, étant capable d’extraire 99 % de l’or des PCB.
Cela se transforme ensuite en poudre d’or de haute pureté, mélangée à d’autres éléments pour obtenir le carat ou la qualité finale recherchée. Ce métal précieux est ensuite utilisé pour fabriquer divers bijoux et autres produits. Cependant, la Monnaie royale n’a pas mentionné la fabrication de versions de monnaie à partir de ces matériaux, probablement en raison des coûts liés au recyclage.
Quoi qu’il en soit, cela ouvre la voie à une solution plus durable face à un problème environnemental croissant, tout en maximisant l’utilisation des ressources. Il est évident que le Royaume-Uni est le deuxième plus grand générateur de déchets électroniques par habitant au monde, et devrait occuper la première place en 2024. À l’échelle mondiale, environ 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites chaque année, et on prévoit d’atteindre 82 millions de tonnes d’ici 2030 et 120 millions de tonnes d’ici 2050.
Actuellement, seulement 17 % des déchets électroniques sont recyclés de manière formelle, ce qui indique que plus nous attendons, plus la situation deviendra difficile à gérer. Il ne faut pas oublier que ces composants peuvent contenir des éléments toxiques qui peuvent s’infiltrer dans l’environnement, provoquant des effets néfastes irréversibles sur la santé.
Des usines comme celle-ci deviendront précieuses au fur et à mesure que les technologies de récupération avancent. La plupart des métaux peuvent être réutilisés pour fabriquer d’autres produits, et même les fibres de verre des PCB peuvent être réutilisées pour renforcer le béton. Il s’agit donc simplement d’une question de rentabilité et d’efficacité.



