Les premières estimations des ventes de Gears of War: E-Day viennent de tomber, et elles sont loin d’être glorieuses pour The Coalition. Le jeu sorti cet automne peine à décoller sur les plateformes, une situation qui place le studio dans une position très délicate.
Des chiffres de vente inquiétants
Les premières données concernant Gears of War: E-Day sont disponibles, et elles ne sont guère encourageantes pour le développeur basé à Vancouver, The Coalition. Le studio craignait déjà de faire partie des prochaines victimes de la restructuration interne chez Xbox, après le transfert de plusieurs entités sous la coupe d’Activision et de nombreuses suppressions de postes.
D’après les informations compilées par Alinea Analytics, le titre ne s’est vendu qu’à 230 000 exemplaires sur les plateformes Xbox (console et application PC) et Steam. Un résultat faible pour un jeu triple-A développé pendant de nombreuses années avec un budget colossal. Les ventes sur Steam représentent 168 000 unités, tandis que seulement 62 000 copies ont été écoulées sur Xbox. En termes de revenus, la situation est légèrement meilleure qu’en regardant les seules ventes. Alinea rapporte un chiffre d’affaires de 37 millions d’euros, dont 26 millions d’euros générés par la plateforme Xbox.
Comment est-ce possible malgré des ventes bien plus basses ? La réponse tient en deux mots : Game Pass. Les données indiquent que 1,7 million de joueurs ont accédé à Gears of War: E-Day via l’abonnement. Parmi eux, 722 000 ont déboursé 30 euros pour acquérir l’upgrade Premium Edition sur Game Pass, leur permettant de jouer dès le 1er octobre au lieu du 6.

Rhys Elliott, d’Alinea, désigne Game Pass comme le principal responsable. Il estime que si ces 722 000 abonnés qui ont payé 30 euros pour débloquer le jeu en avance avaient dû acheter le jeu complet, ils auraient généré près de 40 millions d’euros de revenus supplémentaires, et non 21,7 millions d’euros.
Il ne fait guère de doute que Game Pass s’est révélé être un échec cuisant pour Xbox, en dehors de quelques exceptions. Même la PDG Asha Sharma a reconnu que le service d’abonnement avait provoqué une « chute libre » dans les finances de la division. L’avenir des plus grosses productions internes de Xbox, comme l’a montré le cas de Call of Duty, semble désormais passer hors du service d’abonnement pour la première année suivant leur sortie.
Mais ce n’est là qu’une partie du problème pour Gears of War. Malgré les bonnes notes moyennes de la presse spécialisée, la communauté PC, elle, semble moins enthousiaste avec une note moyenne sur Steam de 72%. Et même si les 722 000 joueurs de l’upgrade Premium avaient acheté le jeu complet, le titre n’aurait toujours pas atteint le million d’exemplaires vendus à ce jour.
Cette année seulement, des jeux comme The Blood of Dawnwalker, Onimusha: Way of the Sword, PRAGMATA, Ace Combat 8: Wings of Theve ou WARDOGS sont devenus millionnaires bien plus rapidement, avec des budgets probablement bien moins importants. En juin, l’informateur Tom Henderson affirmait que le budget de Gears of War: E-Day dépassait les 400 millions de dollars. Si ce chiffre reste non confirmé, même la moitié de cette somme rendrait un retour sur investissement très difficile à atteindre, sans parler de dégager des bénéfices.
Avec plusieurs centaines d’employés encore à supprimer pour atteindre l’objectif de 3 200 postes fixé par Asha Sharma, l’avenir de The Coalition est plus incertain que jamais. La saga elle-même pourrait survivre au studio, comme l’a récemment montré l’exemple de Halo. Une adaptation cinématographique réalisée par David Leitch est d’ailleurs en préparation, et Xbox vient de créer la division XP dédiée aux projets transmédia. La série créée à l’origine par Epic Games a le potentiel pour briller sur grand (ou petit) écran, ce qui pourrait aider à la maintenir sous le feu des projecteurs chez Microsoft.



