CD Projekt, autrefois considéré comme le plus grand développeur européen en termes de capitalisation boursière, a su s’imposer grâce à sa franchise emblématique, la trilogie The Witcher. Malgré une réputation enviable bâtie sur le succès retentissant de The Witcher III: Wild Hunt, le studio polonais a connu une soudaine débâcle avec la sortie de son dernier projet, Cyberpunk 2077.
La sortie de Cyberpunk 2077 a engendré une réaction mitigée, en raison de nombreux bugs et de problèmes de performance, surtout sur les consoles de la génération précédente. Cette situation a poussé Sony à retirer le jeu de son PlayStation Store, une décision qui n’était pas courante dans l’industrie du jeu vidéo.
Ce n’est qu’en juin 2021, plus de six mois après la sortie du jeu, que Cyberpunk 2077 a été réintroduit sur le PlayStation Store. À ce moment-là, les développeurs avaient déjà travaillé sur des correctifs, mais c’est l’association de la mise à jour 2.0 et de l’extension Phantom Liberty, lancées environ un an plus tard, qui a réellement redressé la situation, suscitant des tests élogieuses et un regain d’intérêt des joueurs.
La reprendre d’un revers
Dans un article rétrospectif publié par Eurogamer, Michał Nowakowski, co-PDG de CD Projekt, a reconnu que, malgré l’amélioration de l’opinion des joueurs, le studio pourrait ne jamais retrouver sa réputation d’antan. Il a souligné la gravité de la situation et les défis qu’elle représentait pour l’avenir de l’entreprise.
La direction a compris que la perception de l’entreprise avait été durablement altérée. En dépit d’efforts pour améliorer les choses, Nowakowski a admis que certaines perceptions seraient peut-être perdues à jamais. Même en corrigeant les problèmes, retrouver l’image d’une entreprise adorée par les fans reste un défi immense.
Le coût d’une réputation brisée
Paweł Sasko, directeur associé de CD Projekt, a partagé ses réflexions sur le projet de suite de Cyberpunk 2077, actuellement en développement à Boston. Il a reconnu que pour certains joueurs, la confiance pourrait ne jamais être rétablie. Toutefois, il espère que la qualité des futures créations permettra de regagner leur faveur.
Sasko a précisé que chaque jeu à venir, qu’il s’agisse de Phantom Liberty, du prochain The Witcher, ou du nouveau projet Hadar, devra démontrer une valeur incroyable pour convaincre les joueurs sceptiques de revenir vers le studio.
Paradoxalement, cette situation pourrait profiter à CD Projekt. En évitant des attentes irréalistes, le studio pourra désormais se concentrer sur des réalisations plus modestes. Cela rappelle que même les développeurs les plus appréciés doivent faire face à la réalité du marché et que les joueurs doivent toujours évaluer soigneusement un jeu avant de l’acheter.



